

Pêche du sandre en Vendée
Le Sandre (Sander lucioperca), également appelé lucin-perche, est un poisson carnassier emblématique de nos eaux douces. Originaire d’Europe centrale et orientale, il est aujourd’hui bien implanté dans la plupart des rivières, canaux et lacs français, notamment en Vendée, où il trouve des conditions idéales pour se développer.
🔹 Description
Le sandre possède un corps élancé et fusiforme, parfaitement adapté à la chasse. Sa robe est argentée, marquée de bandes verticales plus sombres sur les flancs, et son dos présente des reflets verdâtres ou gris acier. Il peut atteindre plus de 1 mètre de long pour un poids dépassant 10 kg, même si la plupart des captures se situent entre 40 et 70 cm.
Ses yeux très sensibles lui permettent de chasser efficacement dans des eaux troubles ou faiblement éclairées, ce qui en fait un redoutable prédateur nocturne.
🔹 Habitat
Le sandre affectionne les grands lacs, les rivières lentes et les canaux profonds, où il recherche des zones calmes et oxygénées. Il privilégie les fonds sablonneux ou graveleux et les zones encombrées de structures où il peut se dissimuler avant d’attaquer ses proies.
🔹 Alimentation
Ce carnassier se nourrit principalement de poissons blancs (gardons, ablettes, rotengles…), mais il peut aussi consommer des écrevisses ou de gros invertébrés. Sa bouche allongée et garnie de dents acérées lui permet de capturer ses proies avec une grande précision.
🔹 Reproduction
La période de reproduction s’étend d’avril à juin, lorsque la température de l’eau dépasse 12 °C. Le mâle prépare un nid sur le fond et en assure la garde pendant toute la durée de l’incubation, protégeant farouchement les œufs des prédateurs.
🔹 Intérêt halieutique
Apprécié des pêcheurs pour sa lutte vive et nerveuse, le sandre est aussi très recherché pour la finesse de sa chair, délicate et peu grasse. En Vendée, il représente l’une des principales espèces de pêche sportive dans les lacs et plans d’eau, où il domine souvent sur le brochet.
Je pratique la pêche du sandre à bord d’un float tube, et bientôt également depuis une barque aménagée type bass boat.

Les techniques de pêche du sandre
Poisson méfiant et rusé, le sandre se pêche aussi bien aux leurres qu’aux appâts naturels, depuis le bord ou en embarcation. Il affectionne particulièrement les zones structurées comme les enrochements, les anciens chemins, les arbres noyés ou les vestiges immergés. Préférant les ambiances tamisées, il fuit les fortes luminosités et reste souvent posté en profondeur ou à proximité des obstacles. Bien qu’il puisse mordre occasionnellement sur un poisson-nageur, le sandre est surtout recherché aux leurres souples, avec des animations variées selon la saison et les conditions. Les amateurs de pêche fine apprécieront le drop shot, tandis qu’en hiver, les leurres métalliques (comme le Jigging Rap ou le plomb palette) deviennent très efficaces.Certains pêcheurs optent également pour une approche plus traditionnelle, en pêchant au vif ou au poisson mort manié, techniques qui gardent tout leur intérêt.
Pêcher le sandre aux leurres souples
• La pêche en linéaire :
Technique incontournable, la pêche en linéaire consiste à ramener lentement un shad près du fond. L’objectif est de suivre la topographie sans accrocher, tout en gardant le leurre à la bonne profondeur. Les têtes plombées effilées, dites “nageuses”, facilitent la descente et la nage naturelle du leurre.Les technologies modernes, notamment les sondeurs Live, permettent aujourd’hui de repérer les poissons et d’ajuster sa récupération quasiment “à vue”.
• La pêche en verticale :
Pratiquée exclusivement en bateau ou en float tube, la verticale se joue dans la précision et la discrétion. Le leurre souple évolue lentement, presque immobile, juste au-dessus du fond, animé uniquement par la dérive du bateau. Les têtes plombées rondes, football ou sabot sont privilégiées pour présenter le leurre comme un petit poisson fouillant le substrat. Un échosondeur est ici indispensable pour localiser les sandres et maintenir la bonne profondeur.
• La pêche “à gratter”
Inspirée de la technique du mort manié, cette approche consiste à animer son leurre par de petits sauts sur le fond, imitant un poissonnet blessé ou une écrevisse. On utilise souvent des têtes articulées ou des montages Cheburashka, qui offrent une meilleure liberté de mouvement. Très tactile, cette pêche demande de la concentration : la touche peut être extrêmement discrète.
• Le drop shotQuand les sandres deviennent apathiques, le drop shot permet souvent de déclencher les attaques. Le leurre est positionné au-dessus du plomb, et animé sur place par de petites secousses du poignet. Les modèles slug ou finesse, aux vibrations subtiles, sont les plus adaptés à cette pêche de précision.
Les leurres métalliques
• La pêche a jigger
Le sandre, comme la perche, est particulièrement sensible aux animations saccadées près du fond. Les cuillers à jigger, le Jigging Rap ou le plomb palette font partie des incontournables. Ces leurres peuvent s’utiliser aussi bien depuis le bord qu’en bateau.Le plomb palette, parfois agrémenté d’un petit octopus ou de plumes, reste un grand classique pour provoquer les touches franches.
Les techniques aux appâts naturels
• La pêche au vif au posé
Souvent pratiquée en plombée, cette technique reste une valeur sûre. Contrairement à certaines idées reçues, le sandre n’est pas plus méfiant qu’un brochet. Les cannes à feeder ou moulinets débrayables apportent confort et précision. Le vif doit évoluer près du fond, avec un bas de ligne long (environ 1 mètre) pour laisser le temps au poisson d’engamer sans résistance.
• La pêche au fireball
Variante de la verticale, le fireball utilise un vif (ou poisson mort) fixé sur une tête plombée spécifique, parfois équipée d’un triple piqué derrière la dorsale. Aucune animation n’est nécessaire : la dérive du bateau suffit à donner vie au montage. Les touches sont souvent spectaculaires, précédées de l’agitation du vif à l’approche du prédateur.
• Le mort manié
Technique historique des années 80-90, elle reste d’une redoutable efficacité. Le principe consiste à animer un poisson mort monté sur une armature métallique, par de petites impulsions du poignet. Très tactile, elle demande un peu de pratique, mais procure de fortes sensations à chaque touche.
• La pêche à la tirette
Ancienne mais toujours performante, la tirette permet de prospecter de grandes zones. Elle consiste à faire glisser lentement un vif sur le fond, en tirant doucement sur la ligne. Une canne sensible, équipée d’un scion plein, est indispensable pour détecter les touches souvent très légères.
Quand et où pêcher le sandre ?
La pêche du sandre est à éviter pendant la période de reproduction (avril à juin), afin de préserver les mâles qui gardent les nids. En été, il devient plus actif aux heures fraîches (tôt le matin et en soirée). Il se tient souvent près des bancs de poissons fourrage ou dans les zones profondes riches en écrevisses.En automne et en hiver, le sandre descend vers les fonds plus profonds ; les techniques verticales deviennent alors les plus productives. En lac de barrage, il affectionne les cassures et zones rocheuses, tandis qu’en rivière, il se regroupe dans les fosses ou abords d’ouvrages. Lors des crues, il remonte parfois dans très peu d’eau, le long des bordures calmes.
Le matériel recommandé
Le sandre se pêche majoritairement en spinning, avec une canne nerveuse et sensible.
Longueur : 2,40 m du bord / 2,00 m en bateau
Puissance : ML à M selon les leurres utilisés
Moulinet : taille 2500, garni d’une tresse fine (0,12 mm) en 8 ou 12 brins
Bas de ligne : fluorocarbone pour plus de discrétion et résistance à l’abrasion
Le sandre n’étant pas un grand combattant en hiver, un frein progressif et précis garantit néanmoins le plaisir du combat, surtout en période estivale où il se montre plus vigoureux.












